Matthew, 26 ans et sa Delahaye de 1914

Déc 18, 2025 | À la rencontre de..., Actualités

On peut être jeune et rouler beaucoup en avant-guerre. Matthew, propriétaire d’une splendide Delahaye de 1913 et organisateur de randonnées dédiées à ces véhicules, partage avec nous sa passion.

Portrait de Matthew Maille, propriétaire d’une avant-guerre

Depuis combien de temps possédez-vous cette Delahaye ?

Matthew Maille : Je la possède depuis un an. Cette type 64 de 1913 est la plus ancienne auto que je possède. Elle est assez connue car elle faisait partie de la collection Louis Desbordes et est la seule équipée de cette carrosserie Torpedo selon le Club Delahaye. Je possédais déjà auparavant d’autres modèles d’avant-guerre dont une Renault KZ Torpedo et une Talbot Six qui a figuré dans « Papy fait de la Résistance ».

Comment vous est venu l’amour des voitures d’avant-guerre ?

Matthew Maille : Nous avions déjà dans la famille une Traction 11 BL de 1948 qui avait été restaurée mais n’avait jamais vraiment roulé depuis : j’ai demandé à faire ma conduite accompagnée à son volant ! J’ai possédé ma première avant-guerre, un Torpedo Citroën C4 dès mes 18 ans. J’aime ce qui est différent. Je ne suis pas attiré par les Citroën DS par exemple car leur conduite me paraît trop classique, trop proche de celle d’un modèle actuel. J’aime être en contact direct avec la machine, réaliser le double-débrayage ou le démarrage à la manivelle. Je roule énormément avec mes avant-guerre. J’essaie de parcourir 1 500 km en moyenne par an avec chacune de mes voitures ! Cela m’est d’autant plus facile que je suis organisateur d’un rallye pour voitures d’avant 1940 qui a lieu le premier week-end de juillet dans le Périgord.

La Delahaye Type 64 Torpedo de Matthew Maillea

Justement, parvenez-vous à attirer les jeunes dans ce rallye ?

Matthew Maille : Il ne faut pas croire que les jeunes ne sont pas intéressés par les avant-guerre : avec une limite fixée à 50 équipages, j’affiche désormais complet à chaque fois et près de la moitié des participants ont moins de 40 ans ! Ils sont parfois prêts à parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour en faire partie, car souvent il n’existe pas d’équivalent dans leur région. Mon premier conseil auprès des clubs concerne les tarifs. C’est le nerf de la guerre et les jeunes ont naturellement des moyens limités. C’est souvent le problème de certains événements facturés plus de 1 000 €. Le mien est à 390 € pour deux pour l’intégralité du week-end.

Comment peut-on intéresser les jeunes aux avant-guerre à votre avis ?

Matthew Maille : Il faut bien reconnaître qu’il est difficile de les attirer lors des rassemblements mensuels, où la première Porsche venue suscite souvent plus d’intérêt que nos voitures. En revanche, les réseaux sociaux me paraissent un moyen formidable de rassembler les passionnés. C’est grâce à Facebook que je suis parvenu à organiser mon rallye : beaucoup ont accepté d’y participer sans me connaître.

Quel type d’auto est adaptée pour démarrer en avant-guerre selon vous ?

Matthew Maille : Il faut démarrer avec une populaire, même si les jeunes sont plutôt attirés par des voitures plus rapides ou sportives. Non seulement elles sont moins coûteuses à l’achat, mais les pièces sont bien sûr beaucoup plus faciles à trouver que lorsqu’il s’agit de modèles de marques disparues. Ces dernières ne sont envisageables que lorsqu’on est rompu à l’utilisation de voiture d’avant-guerre. En ce qui concerne la conduite, elle est bien sûr très différente des voitures actuelles avec notamment la nécessité de pratiquer le double débrayage mais il n’y a rien d’insurmontable en soi.

Comment est-ce que vous accueillez l’avènement du programme Avant-Guerre de la FFVE ?

Matthew Maille : Je pense que cela va dans le bon sens, tout ce qui peut encourager les propriétaires à sortir leurs avant-guerre des garages est à saluer. Trop de voitures et parfois de très beaux modèles ne roulent plus.

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